Chine et maintien de la paix en Afrique
La Chine entend jouer un rôle de plus en plus croissant dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité en Afrique. La volonté du renforcement de sa place et de son action en Afrique dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité n’est que le prolongement d’un intérêt et d’une politique volontariste, à l’endroit de ce continent, qui se sont déjà exprimés de manière croissante au cours des dernières années dans des domaines aussi divers que politique, diplomatique, commercial, industriel, agricole, financier, économique, social et culturel.
C’est ainsi que la Directrice du Département des Affaires Africaines du Ministère Chinois des Affaires étrangères a déclaré, mardi 18 octobre 2006, que son pays entendait participer activement au maintien de la paix en Afrique sous la bannière de l’ONU. La Chine participe actuellement à 12 opérations de maintien de la paix ; depuis 2003, elle a renforcé ses actions, en dépêchant des unités non militaires en République démocratique du Congo, au Libéria et au Soudan. Actuellement, 1273 militaires chinois sont en mission dans 7 opérations de maintien de la paix en Afrique.
C’est également dans cette optique que le Ministre-adjoint des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, SEM. ZHAI JUN, a procédé, le dimanche 8 octobre 2006, à la remise à SEM Alpha Oumar Konaré, Président de la Commission de l’Union africaine, d’un chèque d’un montant de 1.000.000 US$ (un million de dollars US), destiné à soutenir l’opération de maintien de la paix de l’Union africaine au Darfour (Soudan).
Toutefois, on peut s’interroger sur la sincérité et sur la profondeur de cet engagement de la Chine dans le maintien de la paix et de la sécurité en Afrique et plus particulièrement de son engagement à la résolution de ses crises et conflits. On peut également se demander si le soutien chinois au processus de maintien de la paix en cours au Darfour (Soudan) ne cache pas une volonté de faire oublier les différents blocages dont il a été suspecté de par ses positions (notamment la menace de recourir à son droit de veto ou son opposition à un certain nombre de mesures visant à mettre la pression sur le Gouvernement de Khartoum) au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies sous couvert d’enjeux pétroliers. Par ces actions, la Chine entend plus que jamais devenir un acteur incontournable, non seulement sur la scène internationale mais aussi sur la scène africaine, se présentant de plus en plus comme une puissance africaine.
