
L’Afrique en ce début du XXIème siècle se trouve confronté à une multitude de défis d’ordre aussi bien économique, politique, social, culturel, industriel que technologique. Parmi ces défis figurent en premières places et sans exclusive : la lutte contre la pauvreté et le
sous-développement, la lutte contre la marginalisation de la scène internationale, l’instauration d’Etats au sein desquels priment les principes de démocratie, de gouvernance, de transparence, de respect du droit en général et des principes élémentaires de la dignité humaine.
L’Afrique se trouve dans un contexte où les affaires étrangères figurent au centre de toute action politique, puisque la planète forme un ensemble vivant dont l’évolution a des effets au cœur même de nos sociétés. De plus, la nature essentiellement extérieure des moyens susceptibles de contribuer à la réduction de la pauvreté des populations africaines fait du déploiement diplomatique de leurs Etats un enjeu central et vital. Pendant longtemps, les appareils diplomatiques des Etats africains, qui se trouve être les postes avancés de leurs nations, l’avant-garde et le bras du pays tourné sur l’extérieur, ont été perçus comme des organes où l’apparat et l’apparence primait sur l’essentiel et le fond. Face à ce constat, il est temps que la diplomatie en Afrique soit définie comme un dispositif technique et pratique au service du développement et des attentes fondamentales des populations africaines ; il est temps qu’elle soit mise au service du progrès économique et social, en considérant chacun des secteurs du développement comme un de ses champs d’action.
La réalisation de cet objectif implique le renforcement de leurs capacités opérationnelles : capacités d’information, de communication, de coordination, de négociation, d’analyse, d’action et de prévision. Pour permettre aux Etats africains de mobiliser les atouts et opportunités qu’offre le contexte international et plus particulièrement la coopération internationale et de surmonter leurs handicaps, leurs appareils diplomatiques doivent se doter de capacités d’information et de communication modernes et efficaces. C’est là tout l’enjeu de cette réflexion sur les défis de la révolution technologique actuelle pour le renouveau de la diplomatie en Afrique.
Le propos de cette réflexion emprunte une trajectoire divisée en trois parties :
Après avoir dans une première partie rendu compte et analysé les transformations (notamment celles induites par le phénomène de mondialisation) qu’a subies la scène internationale et plus particulièrement la politique étrangère en générale et singulièrement celle des pays africains, l’ouvrage se penche sur un thème fécond dans les relations internationales post-modernes, celui de la problématique de la coopération au développement dont les différents itinéraires seront revus.
Revenant sur deux principaux phénomènes structurant la scène internationale : la mondialisation et la révolution technologique, cette partie opérationnalise l’action de la diplomatie en Afrique dans ce contexte. Il s’agit concrètement d’étudier les contraintes (mutations aux niveaux des acteurs internationaux et émergences d’enjeux nouveaux) qu’induit le phénomène de mondialisation sur le déploiement diplomatique des Etats africains et plus particulièrement quelques défis (développement, lutte contre la pauvreté, intégration, lutte contre la criminalité transnationale organisée et contre le commerce illicite des armes légères sous toute ses formes) dont la résolution est rendue urgente par le contexte. Enfin, après avoir étudié les aspects généraux et les potentialités de la révolution technologique, l’ouvrage fait un état des lieux de l’appropriation et de l’utilisation des TIC par une vingtaine d’appareils diplomatiques africains.
Dans sa dernière articulation, l’ouvrage suggère une nouvelle diplomatie basée sur l’utilisation des TIC ; il s’agit de la mise en œuvre d’un modèle de « e-Diplomatie ». La construction de ce modèle analyse les enjeux pour le fonctionnement et l’organisation des systèmes diplomatiques africains que sous-tend l’association des TIC aux activités diplomatiques. Elle passe également en revue les entraves à la réalisation de cette association. Pour finir, elle trace les nouvelles perspectives que pourraient offrir les TIC pour la diplomatie en Afrique (action diplomatique collective et gestion des crises).